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Projet RADIS Montréal : Comment les commerces peuvent réduire le gaspillage alimentaire?

Tatiana Polevoy

Deux à trois fois par semaine, un employé du Service de nutrition et d’action communautaire (SNAC), un organisme d’aide alimentaire du quartier Ahuntsic, se rend à la boulangerie Mamie Clafoutis sur la rue Fleury à Montréal. Les pains invendus sont remis à l’organisme, qui les distribue ensuite à des gens qui ont besoin de dépannage alimentaire.

L’idée semble toute simple, n’est-ce pas? Mais pour que les pains de Mamie Clafoutis se retrouvent au SNAC, il y a toute une organisation à mettre sur pied.

gaspillage alimentaire

Arrêter de jeter de la nourriture aux poubelles

Un des problèmes majeurs relié à l’insécurité alimentaire est le gaspillage.

Au Canada, 40 % de la nourriture produite est gaspillée et les petits établissements en sont en partie responsables.
Si l’on simplifie à l’extrême, on peut dire que chaque jour, il y a de la nourriture qui s’en va aux poubelles alors qu’elle pourrait nourrir des gens dans le besoin. Dans un monde idéal, ces denrées seraient acheminées directement à des organismes en aide alimentaire.

Mais entre l’idée et sa concrétisation, il y a tout un chemin à parcourir. Parlez-en à Rachel Cheng, chargée de projet en sécurité alimentaire à Ahuntsic. Elle est impliquée dans le projet RADIS (Renforcement, Accompagnement et Développement des Initiatives en Sécurité Alimentaire), et a contribué à créer un pour encourager les commerçants du quartier Ahumtsic à donner leur nourriture invendue.

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Des idées pour mieux donner

« Tout ça est assez simple, convient Rachel Cheng, mais il y a beaucoup de détails. On a créé le guide pour expliquer aux commerçants comment faire. » Par exemple, on démontre où peuvent aller les denrées invendues à la fin de la journée : dépannage alimentaire, popote roulante, repas communautaires ou cuisines collectives.

Le guide a été lancé au printemps dernier et déjà, les retombées sont positives. « Le but est de tracer des lignes directrices et commencer une conversation. On espère aussi que le guide pourra servir dans d’autres villes ou d’autres provinces », dit Rachel Cheng.

Elle explique que même si l’intérêt est toujours là, il faut encadrer les pratiques : les commerçants en ont déjà beaucoup sur les épaules; les dons doivent donc être aisés à faire pour eux.

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Des défis pratiques

L’exemple de Mamie Clafoutis concerne un produit relativement facile à conserver et à transporter : le pain. Mais quand il est question de fruits, de légumes, ou même de viande, les choses peuvent se compliquer, raconte Rachel Cheng. « La viande, on en a toujours besoin de plus, mais c’est difficile de garder la chaîne de froid. Il faut un organisme qui possède un camion réfrigéré pour la transporter. Quant aux fruits et légumes, le défi est d’en trouver des beaux, qui ne soient pas trop abîmés ou moisis. » Grâce au guide, mais surtout à la motivation des commerces et des organismes, elle espère que bientôt, toutes les catégories d’aliments invendus pourront se retrouver chez ceux qui en ont le plus besoin.

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