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Alliance sherbrookoise : aider les jeunes à se sentir bien dans leur peau

Catherine Perreault-Lessard

Les problèmes d’image corporelle chez les 12-17 ans dans la région de Sherbrooke étaient criants. Jusqu’au jour où une petite équipe de l’Alliance sherbookoise pour des jeunes en santé a mis sur pied des ateliers pour sensibiliser les élèves des écoles primaires et secondaires sur le vrai sens de la beauté.

Alerte rouge. Ce fut le premier constat de l’équipe de l’Alliance sherbrookoise à la lecture des résultats de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire, en 2007. Les chiffres concernant l’image corporelle des 12-17 ans dans la région révélaient une situation alarmante. En effet, 59 % des filles et 62 % des garçons se disaient insatisfaits de celle-ci. Sans parler que près de la moitié des filles affirmaient avoir essayé de perdre du poids et que la moitié des garçons reconnaissaient avoir tenté d’en gagner.

« Il fallait agir », se souvient l’agente de projets et nutritionniste de l’Alliance sherbrookoise, Janie Blais-Bélanger.

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Des ateliers sur l’image corporelle pour les 12-17 ans

Sans plus tarder, l’équipe a mis en place un plan d’action aux côtés des infirmières scolaires affiliées au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la région. Première étape? Organiser des ateliers sur l’image corporelle dans les écoles primaires et secondaires, afin d’amener les jeunes à voir leur corps de façon positive.

Deux ans plus tard, les infirmières faisaient leur entrée dans les classes de 5e année, afin d’animer de petits ateliers de 90 minutes, armées de présentations PowerPoint. Leur objectif : pousser les élèves à réfléchir sur le concept de beauté et leur faire prendre conscience, une fois pour toutes, que « leur corps est parfait comme il est ».

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L’influence des médias sur l’image corporelle

En plus des élèves du primaire, ceux de 1re secondaire ont également été ciblés. Les infirmières ont commencé à leur offrir des ateliers sur l’influence des médias dans la construction de leur image corporelle. Tout en les amenant à développer leur jugement critique par rapport à la publicité. Également à l’agenda : les comportements risqués pour gagner et/ou perdre du poids.

Au fil des ans, d’autres ateliers se sont ajoutés à la programmation initiale, dont celui sur les signaux de faim et satiété (en 4e année) et celui sur la puberté (en 6e année). Et les changements auprès des jeunes n’ont pas tardé à se faire sentir.

« Comme ils parlent plus d’image corporelle, ils sont plus sensibilisés, explique Janie Blais-Bélanger. Aujourd’hui, ils comprennent plus tôt dans leur vie que la beauté ne se limite pas à être mince ou à avoir de gros bras. »

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Un engouement inespéré

Belle surprise : l’initiative de l’Alliance sherbrookoise a aussi connu un engouement inespéré auprès des enseignants.

« Ceux-ci se sont approprié les enjeux reliés à l’image corporelle. Ils en discutent plus ouvertement dans leurs cours quand un événement se produit et ils ont même commencé à organiser leurs propres activités! » souligne l’agente.

Comme ce professeur d’art plastique qui a créé une murale sur la diversité corporelle avec ses étudiants. Ou cet enseignant de français qui a mis sur pied un projet de recueil de textes portant sur l’image corporelle. Infirmières et enseignants ont également mis en place des initiatives plus ponctuelles dans les écoles de la région, telles des conférences sur la nutrition ou des kiosques pour informer les jeunes sur l’heure du dîner.

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Affiches sur l’image corporelle réalisées par l’Alliance sherbrookoise

 Rayonner et inspirer les autres villes

Mais, le plus beau, c’est que la démarche de l’Alliance sherbrookoise a inspiré d’autres municipalités en Estrie et que des ateliers similaires sur l’image corporelle sont maintenant donnés à Coaticook et Memphrémagog.

« Avant, on ne faisait rien à ce sujet et aujourd’hui, on en parle beaucoup, se réjouit Janie Blais-Bélanger. Ça fait son chemin et le projet rayonne! »

 


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