3 conditions de succès pour la prévention de l'obésité

3 conditions de succès pour prévenir l’obésité au Québec

Sylvie Bernier

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a publié récemment le bilan du Plan d’action gouvernemental (PAG) de promotion des saines habitudes de vie et de prévention des problèmes reliés au poids. Le PAG est né en 2006 de la préoccupation gouvernementale face à l’augmentation des problèmes liés au poids chez les Québécois. En réaction, quelques articles  sont parus récemment abordant la question de la lutte à l’obésité au Québec.

1. Travailler en cohésion pour un impact durable

J’aimerais porter votre attention sur le caractère unique de ce Plan d’action gouvernemental. Mon sujet de thèse dans le cadre de ma maîtrise internationale pour le leadership en santé portait justement sur le PAG, ce qui m’a permis d’approfondir le sujet et d’identifier les conditions du succès d’un tel plan.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déjà conclu que l’approche intersectorielle est celle qui permet de faciliter la mise en place de changements durables, et c’est d’ailleurs un des fondements sur lequel s’est appuyé le PAG.  Pour la première fois, les saines habitudes de vie ne sont pas juste l’affaire du ministère de la Santé : le PAG a amené l’implication d’autres ministères, notamment celui des Transports, de la Famille, de l’Éducation, qui ont aussi un rôle à jouer sur la question.

Partenaires qui travaillent ensembleCe plan d’action gouvernemental est donc une initiative provinciale d’importance qui a été mise de l’avant et qui a amené un grand travail de cohésion entre les ministères et les organismes.

Un pas dans la bonne direction!

Entre 2006 et 2012, les travaux du PAG ont fait en sorte que tous se sentent interpellés par l’importance que la population s’alimente mieux et bouge davantage. Des mesures structurantes ont été mises en place, comme la politique-cadre « Pour un virage santé à l’école », comme le cadre de référence Gazelle et Potiron dans les services de garde éducatifs à l’enfance, comme la mise en place de la Politique québécoise du transport collectif et la Politique sur le vélo.   Des programmes et des projets ont aussi pu voir le jour,  comme le Programme de soutien aux installations sportives et récréatives, le Programme de formation en animation en loisir et en sport du Québec,  ainsi que le Programme d’aide financière dans les communautés autochtones pour promouvoir un mode de vie physiquement actif chez les jeunes.

Ce ne sont là que quelques exemples des réalisations du PAG, qui sont nombreux,  et qui ont misé sur la collaboration de tous les réseaux, grâce au leadership exercé par les ministères et les organismes impliqués. N’oublions pas une chose, le PAG n’a eu que 6 ans pour initier ce vaste chantier, qui vise à modifier les habitudes de vie des québécois.

2. Assurer la survie des réalisations et ouvrir les horizons

Les acquis sont toutefois en péril puisque le PAG a pris fin le 31 décembre 2012. Il est primordial que la pérennité de ces réalisations soit assurée. Pour ce faire, on peut penser notamment à élargir la portée des actions vers d’autres secteurs, comme le municipal et l’agroalimentaire.

Une des conditions du succès est un travail d’équipe efficace et c’est justement ce que le PAG a permis de mettre en place. Il est tout aussi important de maintenir la mobilisation des ministères et organismes engagés dans le PAG. Cette collaboration interministérielle et intersectorielle était un bon indicateur d’un fort vent de changement dans la lutte à l’obésité.

3. Poursuivre notre route avec la même conviction!

J’ai rencontré quelques milliers de décideurs et intervenants depuis que je suis ambassadrice des saines habitudes de vie pour Québec en Forme, et sur le terrain, il est clair que la sensibilisation agit sur les communautés. Les gens sont engagés, ils ont le goût d’agir et le changement de cap est perceptible.

Bilan PAGVoilà pourquoi je crois fermement qu’il ne faut pas baisser les bras : le travail est bien amorcé, mais nous ne sommes pas encore arrivés à nos fins. Le travail du PAG ne peut réparer en 6 ans les conséquences des changements sociaux et économiques que nous avons connus au cours des 40 dernières années.

La lutte à l’obésité est un enjeu de société et le gouvernement a un rôle primordial à jouer afin que l’on continue de miser sur la promotion des saines habitudes de vie et sur la prévention des problèmes liés au poids.  Non seulement le gouvernement a un rôle important à jouer, mais je compte aussi sur tous ceux qui font de la promotion des saines habitudes de vie, une priorité.

Notre vision et notre conviction feront la différence!

Pour consulter le bilan du PAG, cliquer ici

Sylvie Bernier
Ambassadrice des saines habitudes de vie
Québec en Forme

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2 Responses to 3 conditions de succès pour prévenir l’obésité au Québec

  1. Catherine 24 mars 2015 at 16 h 01 min #

    Bravo pour votre article! J’aimerais tellement qu’il y ait une telle politique dans mon arrondissement de Montréal, celui de Note-Dame-de-Grâces-Côte-des-Neiges…

    Depuis quelque temps je constate l’apparition de plus en plus fréquente de restaurants de types « fast food » autour des écoles primaires du quartier.

    Je suis littéralement abasourdie de l’inaction et du désintérêt général face à ce phénomène!

    Un restaurant A&W va ouvrir ses portes sous peu à 1 min de l’école primaire de mes enfants. En septembre dernier c’était un McDonalds qui a ouvert ses portes.

    La clientèle principale de ces restos seront les jeunes de l’école qui y verront un accès facile à une nourriture pauvre caloriquement.

    Mais alors que voudra donc dire toute cette lutte à l’obésité si personne ne semble être capable de freiner l’expansion et l’invasion des grandes chaînes américaines?

    C’est désolant et déprimant…

  2. Claude Latour 8 avril 2015 at 14 h 07 min #

    Félicitation pour votre initiative! C’est tellement important que nos jeunes bougent et intègrent le sport à leur quotidien. Adopter des saines habitudes de vie ça commence quand ils sont jeunes. Les écoles ont un rôle important à jouer à ce niveau. Malheureusement, pour certaines écoles, le message passe pas. C’est le cas entre autre de l’école secondaire Jacques-Rousseau à Longueuil.

    Pendant près de 15 ans, le sport a été au cœur de l’école Jacques -Rousseau. Le programme Multisport a contribué grandement à faire bouger nos jeunes ainsi qu’à favoriser la réussite scolaire des élèves de notre communauté. Malheureusement, l’école a décidé de tourné le dos à cette riche tradition sportive et mettra fin au Multisport dès la fin des classe pour des raisons politiques. Et ce sont nos jeunes qui en paieront le prix!… voir pour vous même: http://parentspourlemultisport.com/

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