Jardin au CPE

Un coordonnateur de regroupement local de partenaires chez Québec en Forme: c’est quoi?

Émilie Lavoie

Je commencerai d’abord en m’adressant à mes collègues partageant le même poste que moi à travers le Québec.

Qui suis-je, que fais-je?

Qui d’entre vous, lors des traditionnels soupers de Noël en famille, n’a jamais été confronté à la fameuse question : « Et toi Émilie, que fais-tu maintenant comme travail? » et qui n’a jamais galéré pour y répondre de manière concise sans faire sourciller son interlocuteur? Je pourrais parier cher que cela a dû se passer à peu près comme suit :

– « Je suis coordonnatrice d’un regroupement de partenaires dans le secteur communautaire… »

– L’interlocuteur affiche un air perplexe et ajoute : « mais encore? »

Alors là, tu commences à donner un peu plus de détails sur le type de travail que tu fais en te laissant guider par leurs expressions corporelles qui te confirment que, petit à petit, ils comprennent ce que tu racontes.

– « Oui, je suis un peu une sorte de chargée de projets qui travaille avec une trentaine de partenaires dans le but de […] avec comme mission-vision de […] tout en sachant que nos défis sont […] et que mon rôle a parfois cet effet de […] »

Bon, pas si mal. On s’en tire avec des hochements de tête et un haussement des sourcils en guise d’étonnement quant à l’ampleur du travail «noble» accompli pour venir aider une communauté. L’interlocuteur a désormais une meilleure compréhension du travail et celui qui explique a un sentiment de fierté/d’appartenance à son travail. Mission accomplie!

coordoLes coordos : une espèce terre à terre

Toutefois, les choses peuvent parfois prendre d’autres tournures… Surtout lorsque vous faites face à un certain type d’interlocuteur, qui lui, est vraiment curieux de comprendre le mode de fonctionnement d’un tel type de travail… Coïncidence ou pas, je me suis sentie davantage extra-terrestre lorsque je devais expliquer à des gens au profil corporatif (mon père, ma voisine, mon proprio, ma belle-sœur…).

Dans ces situations, j’ai souvent adapté mon discours pour faciliter leur compréhension dans un temps éclair. Il faut donc que vous en sachiez plus sur le jargon de ma profession :

– « Oui, alors voyez, mon «COCO» (comité de coordination) est un peu comme mon «CA» (conseil d’administration) et mes «partenaires» sont un peu comme mes supérieurs et les «comités d’action» sont comme des départements de brainstorming et de création créés selon la clientèle visée. »

Chaque fois que je m’écoute faire ces comparaisons, je me sens comme si je venais de pervertir la nature même de mon monde qu’on appelle un Regroupement local de partenaires (RLP).

Si cela fait savant, ça confirme ma nature d’extra-terrestre

Alors je me reprends souvent en apportant quelques spécifications sur ce qu’un RLP n’est PAS (pédagogiquement très efficace) :

– Un RLP ne partage pas totalement l’esprit mercantile, mais bien la vision de transformer nos normes sociales afin de créer des environnements favorables à l’acquisition de saines habitudes de vie pour nos jeunes et leurs familles ;

– Un RLP ne fait pas d’offre de services, il représente plutôt un lieu de mobilisation et de concertation pour les acteurs-clés travaillant auprès de jeunes 0-17 ans ;

– Un RLP n’est pas un bailleur de fonds, il est un outil menant à la création de plans d’action concertés et à l’élaboration de demandes de financements auprès de diverses fondations pour travailler sur des enjeux vécus dans la communauté.

Pour revenir sur terre avec vous…

Et quand tu as terminé, tu te demandes profondément : Est-ce qu’ils ont réellement compris ou sont-ils trop polis pour me dire qu’ils sont heureux d’avoir rencontré une extra-terrestre? La réalité, c’est que c’est toujours trop de détails pour ce qu’ils demandaient (ben quoi! après tout c’est vous qui êtes passionnés de ce sujet, pas eux!).

Et là, entre deux bouchées de ragoût de boulettes, on te lance cette belle phrase passe-partout: « Bon, c’est bien ça! L’important c’est que tu sois heureuse dans ce que tu fais! » Ah ben. Le commentaire qui conclut bien une conversation ; le coup du catch 22 (situation sans issue, impasse) lancé par ma vieille tante Aline. Tu est d’accord avec elle, mais tu ne sais pas trop comment le prendre… Tu rigoles un peu intérieurement et tu lui réponds affectueusement avec le sourire aux lèvres: « Oh oui! j’adore ce que je fais! » pour ensuite changer de sujet en demandant de faire passer les petits pois.

Émilie Lavoie
Coordonnatrice, Margot en Forme | Regroupement soutenu par Québec en Forme

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One Response to Un coordonnateur de regroupement local de partenaires chez Québec en Forme: c’est quoi?

  1. Milada Nehmé 10 septembre 2014 at 14 h 05 min #

    Bonjour Émilie,
    je te félicite pour cet article qui représente une fidèle démonstration de notre réalité professionelle v/s personnelle. C’est tellement drôle! Arrivée à la fin, je me suis rendu compte que j’avais un sourire sur ma face alors je te confirme que tu as très bien réussi … faire sourire les gens autour de toi. BRAVO.

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