Point eau

Des pratiques inspirantes aux JO de Londres : 9 questions à Sylvie Bernier

Sylvie Durand

Par sa présence à Londres, la chef de mission adjointe du Canada, Sylvie Bernier, a la chance d’observer les installations, l’environnement physique des sites et d’autres pratiques inspirantes entourant les Jeux olympiques.

J’ai profité de cette occasion pour questionner notre ambassadrice des saines habitudes de vie – son autre job!  – sur un autre aspect du sport et de l’alimentation lors de tels événements: les environnements propices, d’une part, à la saine alimentation et, d’autre part, au mode vie actif.

Une offre alimentaire de premier choix est proposée aux athlètes afin qu’ils s’alimentent bien durant les Jeux. Est-ce que Londres 2012 est un événement qui incite aussi les spectateurs dans les gradins à bien se nourrir?

Sur les sites des compétitions, j’ai observé de la variété dans l’offre alimentaire. Beaucoup de fruits, de salades, de noix et de fruits séchés. Oui, il y a des fish and chips, un mets très populaire en Angleterre, mais les gens peuvent manger très sainement s’ils le veulent.

L’offre est donc là, mais est-elle populaire?

Oui, je remarque que les familles mangent assez bien. La restauration rapide est certes présente, mais il me semble que les gens se nourrissent assez bien. Les athlètes ont-ils à cet égard une influence positive sur les spectateurs? Je l’espère du fond du cœur.

Dirais-tu que l’offre alimentaire s’améliore de Jeux en Jeux?

J’en suis à mes 10e Jeux et je peux affirmer que l’offre alimentaire s’améliore grandement. On peut réellement manger très bien sur un site de compétition et j’en suis ravie.

Dans les gradins, on ne voit jamais de spectateurs filmés en train de manger. Est-ce parce que :

1)   c’est interdit? Sur le bout de sa chaise… trop stressé pour manger!

2)   les gens sont mal à l’aise de manger du fastfood devant des athlètes en superforme?

3)   c’est difficile de crier pour soutenir son pays tout en mangeant en même temps?

Il n’est aucunement interdit aux spectateurs de manger pendant les épreuves. Mais crier la bouche pleine pour encourager nos athlètes… disons que ça fait un peu de taches sur les vêtements!

Les événements organisés au Québec pourraient-ils s’inspirer des pratiques londoniennes?

La diversité de l’offre alimentaire proposée aux JO de Londres est une excellente façon de permettre aux gens d’opter pour des choix santé. Fruits frais, légumes coupés et repas santé sont proposés sur tous les sites de compétitions. Dans les restaurants, tous les plats santé (faible en gras, sucre et sel) sont clairement indiqués dans les menus, ce qui facilite l’adoption de repas sains et équilibrés.

Qu’en est-il de l’eau offerte sur les sites?

Je suis agréablement surprise de voir que des fontaines d’eau ont non seulement été installées dans tous les sites de compétitions, mais aussi qu’on en fait la promotion. On encourage le public à apporter ses bouteilles vides pour les remplir sur place. Cependant, comme dans les aéroports, on ne peut passer la sécurité avec du liquide…

On a entendu la perchiste Mélanie Blouin dire que l’eau est la meilleure boisson durant une compétition. D’autres athlètes se sont-ils exprimés sur ce sujet?

L’eau, l’eau et l’eau demeure depuis toujours la première et la meilleure chose à boire avant, pendant et après un entrainement. Il en est de même au moment des épreuves. Les athlètes sont conscientisés très jeunes à l’importance de toujours s’hydrater et de boire régulièrement avant d’avoir soif. Ils ont toujours une bouteille d’eau avec eux et la remplissent fréquemment pendant la journée. Le marketing des autres boissons sucrées et énergisantes est aussi très présent aux Jeux, mais les athlètes olympiques n’en sont pas consommateurs… Malheureusement les jeunes vont souvent faire l’association sport de haut niveau, performance et consommation de boissons énergisantes. L’éducation et la sensibilisation de nos jeunes sont au cœur de cette problématique.

Quels sont les moyens de transport les plus utilisés pour accéder aux sites des compétitions?

Les Londoniens sont de grands utilisateurs du transport en commun et du transport actif. Une taxe est appliquée à tous les véhicules des particuliers qui entrent en ville, ce qui motive grandement les gens d’utiliser les transports en commun. Tous les matins, on voit aussi des centaines de cyclistes se faufiler entre les voitures pour aller travailler. Il faut être courageux, parce que la circulation est très dense et que les pistes cyclables ne pas accessibles partout dans la ville. Le réseau de trains, de métros et d’autobus est tellement étendu qu’il n’y a pas de raison d’entrer en ville avec son auto. Ce qui fait que le samedi 4 août, trois millions de personnes ont emprunté les transports collectifs pour se rendre sur les sites de compétitions.

Les JO sont une vitrine extraordinaire pour montrer l’exemple aux jeunes et à leur famille. Les médias ou les athlètes ont-ils un rôle à jouer pour promouvoir la saine alimentation et un mode de vie physiquement actif?

Bien sûr! Nos athlètes sont d’excellents ambassadeurs dans les deux cas. Ils peuvent partager la passion pour leur sport grâce à la vitrine offerte par la présence de plus de 20 000 journalistes de partout dans le monde. Leur notoriété et leur crédibilité d’athlète d’élite leur permettent d’être des exemples vivants pour tous nos jeunes en ce qui a trait à l’importance d’une alimentation saine et du plaisir qu’ils ont à pratiquer leur sport. Des milliers de jeunes vont commencer à « plonger » (très objective J…), nager, courir, jouer au basket ou simplement s’amuser en jouant dehors. Ils ne seront pas tous des athlètes olympiques, mais ils deviendront des adultes qui auront adopté et maintenu de saines habitudes de vie. J’en suis moi-même un exemple, comme des milliers d’autres personnes qui ont commencé à bouger en étant témoins des exploits réalisés par les Nadia Comaneci et autres lors des Jeux de Montréal en 1976.

Je terminerai en partageant avec vous quelques données extraites du site de Londres2012.com à propos de la saine alimentation durant et après les Jeux.

Les JO de Londres représentent la plus grande opération de restauration au monde avec :

  • 14 millions de repas à servir
  • 9 millions de spectateurs
  • 40 sites de restauration à Londres et au Parc olympique

Les organisateurs des JO de Londres se sont engagés à :

  • offrir des options saines et nutritives notamment;
  • proposer des repas réduits en sel, en sucre et en matières grasses
  • accroître la visibilité et la variété des fruits et légumes;
  • optimiser la taille des portions pour encourager les saines habitudes alimentaires;
  • fournir un accès à l’eau potable gratuitement sur tous les sites;
  • collaborer avec les propriétaires des installations sportives pour qu’ils continuent d’offrir gratuitement de l’eau potable après les Jeux;
  • utiliser les Jeux comme étude de cas en direct pour les étudiants en nutrition et restauration événementielle;
  • encourager et soutenir des partenariats novateurs entre les organismes de restauration et les collèges.

Notons également que l’eau et les jus de fruits représentent environ les 2/3 des boissons consommées par les visiteurs.

Sylvie Durand | @sdurand13579

Conseillère en communication chez Québec en Forme

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