Choix santé dans les machines distributrices : l’exemple du CHU Sainte-Justine

Changer le contenu des machines distributrices pour le rendre plus santé, tel est le défi qu’a relevé le Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine. Cette initiative peut contribuer à l’acquisition de saines habitudes alimentaires chez les petits et grands utilisateurs, en plus d’être un modèle inspirant.

Compte rendu de la présentation Concept novateur de machines distributrices santé au CHU Sainte-Justine dans le cadre du colloque Alimentation et santé des jeunes : connaissances et innovations pour lutter contre les tendances non désirées, tenu à Montréal les 3 et 4 octobre 2011.

Présentatrice : Andraea van Hulst, assistante de recherche au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine et candidate au doctorat à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

 

1. Peu d’aliments santé dans les machines distributrices dans les hôpitaux?

Selon une étude d’observation réalisée en 2007 par le CHU Sainte-Justine, 75 % des boissons et 95 % des collations offertes dans les machines distributrices de l’établissement ne répondaient pas aux recommandations nutritionnelles.

« C’est un peu gênant d’avoir des machines distributrices qui encouragent la malbouffe dans un hôpital pour enfants censé faire la promotion des saines habitudes de vie », lance Andraea van Hulst.

2. Machines distributrices santé : le concept

Les machines distributrices sont très utilisées en milieu hospitalier. Dans les hôpitaux pédiatriques canadiens, on en trouve 12 en moyenne par hôpital. « Elles sont pratiques, rapides et “ouvertes” en tout temps, en plus d’être placées à un endroit où l’on passe naturellement », indique Andraea van Hulst.

L’idée de développer un concept des machines distributrices santé pour les familles au CHU Sainte-Justine visait deux objectifs :

·      répondre aux besoins de la clientèle qui voulait avoir accès à une alimentation saine à toute heure de la journée et pas seulement aux heures de repas à la cafétéria;

·      servir de modèle en montrant des pratiques exemplaires sur le plan de la promotion de saines habitudes alimentaires.

La mise en place du projet s’est déroulée en trois temps :

1. Un groupe d’experts en nutrition a sélectionné des produits qui répondent aux critères nutritionnels, fondés sur une revue de la littérature et sur les recommandations du guide alimentaire canadien, de l’Institut of Medicine et de l’American Heart Association. Par exemple :

·      Une variété de collations saines et nutritives : des fruits, des légumes, des céréales entières, des légumineuses ou tout autre produit contenant au moins une portion de ces aliments ainsi que des produits laitiers écrémés et faibles en gras (2 % M.G. ou moins).

·      La mise en évidence des meilleurs choix pour les enfants de 1 à 3 ans.

       2. Une équipe multidisciplinaire de spécialistes en nutrition, en communication, en informatique, en design, en industrie alimentaire, a développé le concept du design de la machine distributrice santé. Par exemple :

·      Un habillage coloré des machines distributrices permettant l’affichage de messages de promotion et de mise en garde.

·      Un écran tactile interactif installé à côté des machines distributrices donne accès à de l’information nutritionnelle sur les produits disponibles.

3. Une dégustation des produits choisis et une présentation des différentes maquettes du concept des machines auprès de différents groupes (adultes, enfants et adolescents) ont été réalisées pour avoir leur avis.

En octobre 2008, les machines distributrices de l’entrée principale du CHU Sainte-Justine ont été remplacées par trois nouvelles machines qui offrent des collations, repas et boissons santé adaptés aux besoins nutritionnels des enfants, adolescents et adultes.

3. Machines distributrices santé : avant et après l’implantation

« La proportion des achats destinés à un enfant était de 25 % avant l’implantation du concept et de 38 % après son implantation. On note aussi une augmentation des achats destinés précisément aux enfants de 1 à 3 ans. On peut penser qu’une zone spécialement conçue pour ce groupe d’âge peut inciter les parents à faire un achat plus sain et adapté à leur tout-petit », avance Andraea van Hulst.

4. Machines distributrices santé : des connaissances à partager

Ce concept de machines distributrices santé peut donc servir d’exemple à d’autres établissements de santé, mais aussi à d’autres endroits qui sont souvent fréquentés par les familles et les enfants, comme les arénas.

L’équipe de recherche projette d’ailleurs plusieurs stratégies de diffusion de ce concept, notamment la publication d’un article scientifique et la préparation d’un atelier de transfert de connaissances qui aura lieu en juin 2012.

« L’idée de cet atelier est de voir comment on peut aider les gens intéressés à faire une démarche similaire, à implanter ce genre de projet dans leur milieu. En fait, il faut retenir qu’un environnement alimentaire sain peut favoriser l’adoption de bonnes habitudes alimentaires », précise Andraea van Hulst.

Carole Boulé pour Québec en forme

Ce reportage a été rendu possible grâce à Québec en Forme avec la collaboration de l’ITHQ.

Pour en savoir davantage

Guide d’implantation des machines distributrices : http://www.chu-sainte-justine.org/documents/General/pdf/guide_implantation_machines_distributrices.pdf

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